1987 - Cinéma : Police Story - par Karaté Bushido |
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Le dernier film de Jackie Chan a tout pour plaire aux amateurs du genre. A la fois acteur et réalisateur, Jackie a exécuté lui-même toutes les cascades, et notamment la sublime bagarre finale. Par Catherine Rascon. L'homme à tout faire du cinéma de Hong Kong est de retour sur nos écrans. Il ne s'agit pas cette fois d'un autre "retour du chinois" filmé par un Américain avec Jackie Chan en vedette chinoise, mais bien d'un film made in Hong Kong. Jackie est dans son élément et ça se sent. Il dirige et joue son film et y pousse même la chansonette. En effet, c'est lui qui interprête la chanson du film. Cette dernière cuvée "Jackie Chan" 87 est un bon cru. Distribué en France par René Château, le film s'intitule "Police Story". Cette fois pas question de jouer les gros bras sanglés de pistolets mitrailleurs, Jackie est un comique et il le sait. Le film est donc une comédie policière en Scope et en couleurs comme il se doit, produit par Golden Harvest bien sûr. On ne change pas une équipe qui gagne ! Avec dans le rôle du brave flic vertueux Jackie Chan himself ! L'acteur le plus populaire d'Asie gagne à être mieux connu en France. En quelques années, dans le sillage de l'étoile filante que fut Bruce lee, Jackie Chan réussit à sortir du personnage calqué sur le "Petit Dragon" qu'on lui faisait jouer pour se forger un style de héros qui lui colle à la peau. Avec sa figure ronde et bon enfant, il développe une sorte de monsieur tout le monde, plutôt doué pour le kung fu, qui à force de prendre les coups se transforme en une sorte de superman le temps de régler ses comptes. "Police Story" n'échappe pas à la règle et malgré un scénario tout ce qu'il y a de plus classique, il sert de support pour mettre en valeur les qualités acrobatiques de Jackie Chan. Un peu comme Harold Lloyd, ce comique du muet américain, qui avec ses lunettes rondes et son air blafard de bureaucrate, nous donnait le vertige à force de se contorsionner au-dessus du vide dess immeubles new-yorkais. C'est un régal de virtuosité et on ne peut que se réjouir de retrouver Chan, plein de santé dans ce rôle taillé à sa mesure. La bonhommie du personnage rendant d'autant plus fortes les séquences de combat. Ne loupez pas l'apothéose du combat dans les vitrines d'un grand magasin, c'est une scène historique et jubilatoire. Le film se déroule de nos jours à Hong Kong. Jackie Chan est le flic Kevin Chan que rien ne distingue de la masse des policiers, si ce n'est son incroyable acharnement à attaquer les brigands. M. Ko est un trafiquant de drogue notoire qui se cache sous des allures de gros hommes d'affaire. La police cherche à le prendre en défaut et elle envoie ses hommes en civil (dont Jackie) sur le lieu d'échange entre la marchandise et les dollars dans une sorte de bidonville en tôle à flanc de colline. Pendant que les policiers en civil tentent d'encercler les trafiquants, l'un d'eux est repéré par une jolie jeune femme, Selina et l'alerte est donnée. Selina qui s'est récemment jointe aux trafiquants est soupçonnée d'être également la maîtresse de Ko. Elle n'a pourtant rien d'une James Bond Girl et fait plutôt bon chic bon genre. Chan l'attrape et l'attache avec des menottes au volant de sa voiture avant dde s'en retourner dans la fusillade en règle entre flics et gangsters. Ko se sauve en traversant au volant d'une voiture le village, semant la panique parmi les habitants en détruisant toutes les baraques au passage. Chan le poursuit toujours dans une autre voiture. Mais les bandits passent au travers des mailles du filet et réquisitionnent un autobus arme au poing. Chan, seul poursuivant, ne renonce pas pour autant. Avec ténacité, il réquisitionne lui...un parapluie ! et s'en sert pour s'accrocher à l'arrière du bus. S'ensuit toute une séquence acrobatique dans la lignée des grands comiques du cinéma muet (Keaton, Lloyd, Chaplin...) où Jackie Chan suspendu par le manche du parapluie tente de pénétrer à l'intérieure de l'autobus à impériale qui roule à vive allure, alors que les bandits déploient toute leur énergie pour tenter de le repousser. Il est finalement jeté à bas de l'autobus. Tous ceux qui ne s'appelent pas Jackie Chan auraient abandonné là la poursuite, estimant qu'ils avaient déjà fait plus que leur devoir. Mais lui continue avec une sorte de rage. Kevin est un homme qui ne sait pas parler mais qui sait agir. Pour cela et devant la force de Ko il lui faut les coudées franches, ce qu'il ne peut pas faire dans la police, car un policier doit rendre des comptes à ses supérieurs. Devant la lourdeur hiérarchique et la roublardise des méchants (représenté par Ko et son avocat) Kevin n'a que ses poings et sa colère. Si bien qu'arrivé au but : attraper Ko et le confondre, il n'a plus qu'une idée en tête : lui donner une correction. Car Ko ne sait pas se battre, il est de ceux qui payent d'autres personnes pour donner et recevoir des coups. Quand vient son tour, il n'a plus de ressources. Chose rare dans les films de kung fu où d'ordinaire le chef est au contraire celui qui ne se bat qu'en dernier parce qu'il se bat le mieux. Ko est d'autant plus méprisable qu'il ne sait pas se défendre avec son corps. Et la fin du film montre bien le soulagement que procure l'action physique contre le discours. Toujours plus fort, telle est la devise de Jackie Chan, l'homme qui fait reculer les limites d'endurance du corps humain de façon incroyable. Dans ses films, l'histoire ou le personnage importe peu. Comme toutes les stars, cela sert à façonner après chaque film une image d'homme héroïque qui se confond avec le comédien. Le générique de fin du film est d'ailleurs là pour nous prouver si besoin était que même si les personnages de film n'existent, il a bien fallu des hommes pour les incarner. En montrant la fabrication du produit, on donne un plus de réalité au film. C'est ce que Jackie Chan fait quand il nous montre certaines scènes du tournage, ainsi que quelques prises qui n'ont pas été retenues pour la fiction. On ne lui en veut pas et ses fans-clubs encore moins. Article de Catherine Rascon
Jackie Chan : un nouveau défi Karaté : Combien de temps avez-vous mis pour tourner la scène de la bagarre finale ? Jackie Chan : Environ 1 mois. K. : Vous vous êtes blessé durant cette prise de vues ? J.C. : En fait, je me blesse à chacun de mes films ! J'aime que les cascades aient l'air réel. Beaucoup de cascadeurs de mon équipe se sont blessés durant le tournage. Mais je pense que c'est important pour le public de voir que les scènes ne sont pas truquées. D'ailleurs, chaque fois que c'est possible, je filme ces scènes en une seule prise. K. : Police Story est un film policier avec beaucoup d'action. Pensez-vous revenir un jour aux films de kung fu "traditionnels", comme Project A, tourné voici 2 ans et qui n'est toujours pas sorit en france ? J.C. : Actuellement, je tourne la seconde partie de Project A. Et je suis en train d'écrire le scénario d'un véritable film de kung fu. Tout le monde me le déconseille, car ce genre de film est totalement passé de mode. Mais je crois que c'est justement parce que les scripts étaient trop nuls : tous ces films se ressemblaint, ils ont tué le marché avec des histoires qui n'avaient ni queue ni tête. Personnellement, j'accorde beaucoup d'importance à l'écriture du script, et je pense tourner ce film prochainement, à Taïwan ou à Hong Kong. K. : Police Story est-il destiné plutôt au publuc asiatique ou au public occidental ? J.C. : Quand je tourne un film, je fais d'abord le film que j'aime. Je ne me pose pas de question de marketing. Par exemple, le film de kung fu dont je vous parlais : tout le monde me le déconseille, mais je tiens à le faire. Interview P.-Y. Bénoliel Article et interview paru dans Karaté Bushido. |



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