• Home ·
  • Films ·
  • Historique des Statuettes du Zodiaque chinois
  • 24Déc

    Historique des Statuettes du Zodiaque chinois

    J’ai reçu aujourd’hui un courriel d’ Alexandre.D, un fan qui a eu l’excellente idée de retracer l’histoire des 12 statues du zodiaque chinois. Je vous invite donc à lire son article qui permet de prendre du recul sur ce qui s’est passé en 1860 et pourquoi ces 12 statues sont si importantes aux yeux des chinois.

    2012-12-24-a.jpg

    Les 12 statues zodiacales de la fontaine du palais d’été de Pékin


    A l’occasion de la sortie du film CZ12, où notre héros international se met en quête des statues en bronze représentant les douze animaux zodiacaux chinois, Jackie Chan a offert les répliques de ces mêmes statuettes aux responsables du parc de Yuanmingyuan, celles utilisées pour le film. D’ailleurs les affiches du film CZ12 ont pour « stars» les véritables vedettes du film, c’est à dire les douze statues, préférant sans doute mettre en avant l’importance de ces trésors plutôt que les acteurs.

    Faisons un petit voyage dans le temps afin de comprendre en quoi l’histoire de ces statuettes est à ce point importante pour la Chine et ses habitants.

    L’ancien palais d’été, non loin de la Cité interdite, est un ancien palais impérial construit au 18ème siècle. Pourvu de très nombreux jardins, de fontaines, de lacs, de merveilles d’architecture chinoise  (temples, pavillons…) et d’œuvres d’art, il est considéré comme « le palais des palais » par les chinois et comme le « Versailles chinois » par les occidentaux. Parmi ces vastes étendues paisibles et paradisiaques se trouvait le Haiyan Tang  (« Hall de la paix nationale ») et devant celui-ci, se trouvait la fameuse fontaine « horloge à eau », où se trouvaient originellement les statues. Cette fontaine horlogère avait la particularité de faire sortir l’eau de la bouche d’un animal différent toutes les deux heures. Elle a été imaginée par le missionnaire jésuite français Michel Benoist, spécialiste en hydraulique, sur commande de l’empereur Qianlong.

    Cependant, ce havre de paix sera bouleversé lors de la seconde guerre de l’Opium, en 1860. Les forces françaises et britanniques atteignent Pékin et passent par l’ancien palais d’été. S’ensuivra un pillage généralisé (par les occidentaux ainsi que par des chinois). Le 18 octobre 1860, la destruction du palais d’été sera ordonnée par le Haut Commissaire britannique en Chine en guise de représailles suite à la torture et à la mort de plusieurs sujets occidentaux. Le témoignage d’un capitaine dans les Royal Engineers nous apprend que de nombreux trésors ont brûlés avec l’incendie criminel du palais d’été, ils n’auront pas eu le loisir de tout prendre tant le temps leur manquait. La Chine vivra ce saccage comme une véritable humiliation.

    Les douze têtes en bronze d’animaux zodiacaux qui ornaient le Haiyantang disparurent dans la nature, pillées durant cette guerre. La Chine déploya ensuite de très nombreux moyens pour retrouver leur patrimoine disparu.

    En 2000, le groupe Poly (une importante société chinoise) rachète les têtes du buffle, du tigre et du singe lors d’une vente aux enchères à Hong Kong, elles sont désormais exposées au Musée d’Art Poly. En 2003, le magnat des casinos de Macao, Stanley Ho, achète celle du porc qu’il a offert ensuite au gouvernement chinois, la statue se trouve désormais au musée de la capitale. Puis en 2007, il achètera celle du cheval qui est exposée à Macao dans l’hôtel Grand Lisboa15. La tête de rat et celle du lapin sont sous les feux de la rampe suite à leur mise aux enchères en 2009, après avoir été achetées en 1989 respectivement par Yves St Laurent et par Pierre Bergé. La Chine tentera de les récupérer en vain. Le soir même de la mise aux enchères, les deux statuettes seront adjugées pour 14 millions d’euros chacune par un acheteur anonyme. On apprendra par la suite l’identité de l’enchérisseur, il s’agit de Cai Mingchao, expert auprès du Fonds des trésors nationaux, fondation de droit privé de la République populaire de Chine chargée de racheter à l’étranger les œuvres d’art chinoises. Il déclare que le prix de la vente ne sera pas réglé.

    A ce jour, nous ne savons pas où sont les autres statues et à qui elles appartiennent. Ce mystère soulève de nombreuses interrogations quant à savoir si ces œuvres reviennent de droit à la Chine, si un jour les statuettes ré-apparaitront. La Chine aurait d’ailleurs dépêché en 2009 une équipe d’experts à travers le monde afin de retrouver la trace de ces statues manquantes tout en précisant que le retour des dites statues ne sera pas forcément exigé.

    Avec tous ces mystères à élucider et le nouveau film de Jackie Chan, de quoi faire naître en chacun de nouvelles vocations comme archéologues ou chercheurs de trésors !

    ——-

    Texte rédigé par Alexandre.D


    .

Laisser un commentaire

*