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  • 18Jan

    Box-Office Chinois : BLEEDING STEEL, le film de trop ?

    C’est un fait. La première tentative de Jackie Chan dans le domaine de la science-fiction est un échec au box-office chinois. Avec un cumul de 47M$, Bleeding Steel est le plus bas score de Jackie. Et impossible de rattraper le coup sur d’autres marchés, bien trop petits pour espérer rentabiliser le coût du film de 60M$. Et ce n’est pas celui de Hong-Kong qui va dire le contraire. Depuis son départ à Pékin en 2012, Jackie Chan ne fait plus recette là-bas. Ses films sont le plus souvent distribués dans une combinaison de salles réduites. En 12 jours, Bleeding Steel a totalisé dans l’ex-colonie britannique seulement 338.000 $HK ! Même The Foreigner avait fait mieux avec près de 2M$HK. Vous noterez qu’on est loin des 57M$HK de la bonne époque avec Contre-Attaque en 1996.

    Forcément, la presse de Hong-Kong s’empare du bide en Chine, pour affirmer que Jackie Chan est devenu has-been. La vérité est bien entendu tout autre car ils oublient le succès colossal en début d’année 2017 de Kung-Fu Yoga et ses 255M$ rien qu’en Chine où les 142M$ (dont 81M$ en Chine) dans le monde de The Foreigner malgré un sujet et un rôle loin d’être grand public (surtout en Chine : une affaire politico-terroriste entre l’Angleterre et l’Irlande !).

    On peut expliquer le bide de Bleeding Steel par la désaffection du public pour le genre science-fiction. Il faut savoir que le dernier Star Wars a réalisé un score en Chine, encore plus bas que celui de Bleeding Steel et Valérian ou les Star Trek ne font pas mieux. Si en plus, vous ajoutez le fait que Bleeding Steel bénéficie d’un mauvais bouche-à-oreille, il est forcément difficile de redresser la barre… Jackie ou pas.

    Et ce n’est pas l’arrogance du jeune réalisateur, Leo Zhang, qui s’est insurgé sur les réseaux sociaux chinois de l’absence de promotion de son film et de la préférence du public pour le film de Chen Kaige, Legend of Demon Cat, qui va arranger les choses, occultant totalement la possibilité qu’il ait accouché tout simplement d’un mauvais film.
    Les critiques et avis des spectateurs ont effet sanctionné le film, l’accusant d’un scénario indigent avec des dialogues pourris et d’une horrible direction artistique. Seule subsiste, une scène d’action nerveuse sous la pluie, plutôt réjouissante. Mais alors ? pourquoi Kung Fu Yoga, qu’on ne peut qualifier de grand cinéma, a-t-il-pu se hisser aussi haut au box-office chinois ? La bonne humeur générale sans doute. Ce que Bleeding Steel n’a pas, puisqu’il s’agit d’une histoire plutôt « sérieuse ».

    De plus, en un an et demi, Jackie Chan a été présent dans 6 films dont certains sont sortis à même pas un mois d’intervalle. C’est le cas de Railroad Tigers et Kung Fu Yoga ou Bleeding Steel et Namyia (40M$ au box-office chinois), petit film dont Jackie joue un rôle secondaire mais central dans l’histoire. Il faut remonter à 1985 pour avoir une actualité aussi riche sur une année dans la carrière de Jackie avec la sortie du Retour du ChinoisLe Flic de Hong-Hong 1 et 2, Police Story et First Mission.

    6 films, c’est peut-être un peu trop pour créer l’attente et l’envie de retrouver Jackie Chan dans les salles. De plus, la qualité de ses films d’actions en pâtit grandement. Tournées rapidement, les scènes d’actions, notamment des combats au corps à corps, n’ont plus la même recherche chorégraphique d’antan, reléguant ce travail à une nouvelle génération de cascadeurs et chorégraphes obligés de bosser dans l’urgence alors que Jackie et son équipe se permettaient, il y a 20 ans, de mettre en boite une scène de combat de 5 minutes en quatre semaines sur un total pouvant aller parfois jusqu’à 9 mois de tournage (Big Brother en 1989).

    Si, on ne doute pas qu’à presque 64 ans, Jackie Chan n’a plus réellement envie et la capacité physique de faire du cinéma d’actions spectaculaires comme dans les années 80 et 90, il devrait néanmoins s’entourer de scénaristes et réalisateurs confirmés. Ce qui est loin d’être le cas de ses productions chinoises actuelles qui font la part belle à des équipes très jeunes. Confier des dizaines de millions de dollars sur un premier script à un jeune réalisateur n’ayant tourné qu’un « petit » film, est tout simplement suicidaire. D’autant plus qu’il sera de plus en plus difficile de berner le public chinois.

    Si depuis 2012 – date de l’ouverture de la Chine au Cinéma – de nombreux mauvais films hollywoodiens comme Warcraft ou Resident Evil : Chapitre Final ont pu se hisser au sommet du box-office chinois grâce à la fraîcheur du public, arrivera forcément le temps où le public local sera aussi blasé que le public occidental.

    A méditer Jackie…

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