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  • 31Août

    [critique] BLEEDING STEEL de Leo Zhang (2017)

    Premier film de science-fiction pour Jackie Chan, le film a néanmoins été vendu comme un actionner spectaculaire avec notamment une cascade inédite de Jackie sur le toit de l’opéra de Sydney, une première mondiale. La promo n’a d’ailleurs pas manqué d’évoquer la grande gloire de Jackie avec le remake de la chanson de Police Story pour les besoins marketing du film.

    Malheureusement, si on était en droit d’attendre un film enlevé et spectaculaire sous fond de SF, les dernières minutes n’ont pas manqué de nous rappeler que le film de science-fiction de Jackie Chan reste à faire.

    Si côté action, le film peut parfois s’en sortir avec les honneurs, dans le genre SF, Bleeding Steel atteint des sommets dans le kitsch. Oubliez les thrillers de science-fiction comme l’excellent Looper de Rian Johnson dont le jeune réalisateur Leo Zhang aurait pu s’inspirer. Bonjour l’influence de la pire SF hollywoodiennes mixé à la sauce « sentai » (série tv japonaise pour enfant).

    De l’esbroufe de la première séquence de gunfight à la tonalité plutôt « dark » appréciable et rappelant la gloire du ciné HK certes, mais bourrée d’erreurs de découpage, à la cascade toute mollassonne sur le toit de l’Opéra de Sydney, en passant par un récit incohérent, une direction artistique désastreuses et le jeu des acteurs outranciers (Jackie Chan pleure encore…), il n’y a absolument rien à sauver dans ce film. Même Kung Fu Nanny, si on le prend pour ce qu’il est, soit un film pour enfant, fait mieux le job !

    C’est simple Leo Zhang fait preuve d’un manque de gout évident sur chaque « frame » de son film. Que ce soit dans son récit, de ses personnages (notamment les bad guys), ou de la représentation « old school » de la racaille (On se croirait dans Rumble in The Bronx qui était déjà caricatural en 1995). Bleeding Steel est un mix entre un bis américain des années 80 et un épisode de Bioman. Le tout filmé de manière très premier degré avec un Jackie Chan en roue libre, pépère, faisant manifestement confiance à une bande de jeunot qui l’ont tristement convaincu de faire ce film. Résultat de l’opération : un premier échec retentissant au box-office chinois dans la carrière de Jackie Chan. (Un petit 40M$ de recette pour 65M$ de budget).

    Cette bande de jeune n’est autre que celle proche de son fils Jaycee Chan qui occupe ici la place du producteur exécutif à côté de son papa (pour la forme).

    Le réalisateur Leo Zhang est un bon ami de Jaycee. Ils ont tourné ensemble en 2012 l’anecdotique Chrysanthemum to the Beast, premier long-métrage de Leo Zhang. Ce dernier a notamment signé le scénario du premier long de Jaycee Chan (Beijing : Nine O’Clock, toujours sans date). Le scénario de Bleeding Steel est signé Erica Xia-Hou et elle s’est donnée l’un des rôles principaux du film. Elle est une amie de Jaycee Chan et Leo Zhang et se retrouve elle aussi dans le premier film du fils de Jackie. Quant à l’actrice principale, les potins chinois affirment que la chanteuse taïwanaise Nana Ou-Yang n’est autre que la petite amie de Jaycee et se retrouve elle aussi dans son premier film.

    Bref, vous l’aurez compris, l’entreprise ressemble beaucoup à du copinage plutôt qu’à une réelle envie de faire un BON film. Il est d’ailleurs très facile de remarquer que Jackie Chan ne s’est sentie que peu impliqué dans le film vu qu’il ne l’a pas produit. Comme pour The Knight of Shadows, Jackie n’a d’ailleurs que très peu participé à la promotion du film se concentrant surtout sur celle The Foreigner, sortie un mois avant. C’est aussi le seul film où l’on sent qu’il en tire, à juste titre, une réelle fierté depuis Dragon Blade en 2015.

    Dans une forme de pré-retraite, Jackie Chan accepte essentiellement ce genre de production pour aider la jeune génération de cinéaste chinois qui hélas ne semble pas prendre la mesure du professionnalisme qu’exige le métier en se reposant uniquement sur le nom de Jackie Chan quitte à le pourrir.

    On ne sera pas étonné alors de voir la réaction arrogante du réalisateur sur les réseaux sociaux chinois se plaignant que son film n’ait pas reçu le succès qu’il méritait selon lui, fustigeant par la même occasion la concurrence qu’il juge mauvaise (le plutôt bon Legend of Demon Cat du vétéran Chen Kaige). Et c’est là le principal problème de la jeune génération de cinéaste chinois : une génération prétentieuse éduquée au gros cinéma hollywoodien incapable de remettre en question la vacuité de leurs visions.

    Les opinions exprimées dans cette critique ne concerne que son auteur et n’est en rien représentatif de l’ensemble des membres de Jackie Chan France.

     

Discussion 6 Responses

  1. 1 septembre 2019 à 20 h 51 min

    question personnelle
    changement du realisateur,ou encore le meme scenario mais changement du genre, aurait -il fait l’affaire? aurait t’il changer quelque chose ?
    je pose cette question parceque je me demande jusqu’a quel point un real ou un acteur peut faire le diff…

    • 4 septembre 2019 à 8 h 29 min

      Je viens de voir dans l’avion le dernier film sorti de Jackie (vu bleeding steel l’année dernière dans l’avion d’ailleurs). Le truc avec les démons. Malheureusement, le film est ridicule, obligé de le regarder en faisant 3 pauses. Une petite scène sympa de combat avec des miroirs rappelle pourquoi on regarde le film, c’est tout.

  2. 2 septembre 2019 à 17 h 21 min

    Je l’ai acheté le jour de sa sortie et je l’ai visionné.

    C’est une série Z nanardesque. Le seul bon point ce sont en effet les scènes d’action. Je me plains depuis un moment des combats mous, répétitifs que nous livre Jackie. A part Foreigner et Dragon Blade, Jackie ne frappe même plus, il évite l’affrontement. De l’action bisounours et Disney très frustrante alors qu’il y a moyen de faire mieux avec un montage s’adaptant à son âge. Dans Bleeding Steel, en revanche, c’est assez dynamique, enlevé et ça cogne pas trop mal. Il y a même une petite séquence sympa à la fin en plan séquence. J’ai apprécié l’intro explosive. Les explosions m’ont paru réelles et sans CGI voyants, tout comme le carambolage. C’est même plus violent que d’habitude et ça aussi ça fait du bien car je n’en peux plus de cette gentillesse dégoulinante et mièvre.

    Passé l’intro sympa, tout s’effondre. Dès la scène suivante avec la présentatrice TV hystérique au jeu outré et affecté. Au niveau de l’histoire, le film est pénible à suivre avec par exemple l’irruption inutile et insupportable de voyous caricaturaux. Je n’ai rien compris à cette histoire d’écrivain et de sorcière, c’est horriblement mal écrit et on ne compte plus les moments embarrassants. D’où sort ce vaisseau spatial qui vole dans le ciel en toute impunité ? Les couleurs sont criardes et moches comme dans l’appartement de l’écrivain. La fin est tellement délirante de bisserie que ça en devient jouissif avec le bras de Jackie qui repousse et Jackie arrachant le coeur du méchant. Impensable, du jamais vu dans un Jackie. Excepté l’action et quelques idées démentes de zéderie, Bleeding Steel est un mauvais film. Leo Zhang et Erica Xia-Hou sont des geeks immatures sans grand talent qui n’ont pas digéré leurs influences US.

  3. 2 septembre 2019 à 17 h 44 min

    Rien à ajouter Dragonheart ^^
    La vision du film est pénible.

    @Newkolby :

    Si un réalisateur n’est pas l’origine du scénario, il a malgré tout le droit (et le devoir) si il intervient en cours de route de faire réécrire et/ou revoir certains éléments, séquences, personnages… afin de faire coller le scénario à SA vision. Car la « vision », c’est bien ce qu’est censé apporter un réalisateur sur un film.

    Donc, oui le réalisateur est primordial.

  4. 4 septembre 2019 à 23 h 47 min

    Pour info, Leo Zhang serait en train de tourner un film en France avec Tony Leung Chiu Wai, Olga Kurylenko, José Garcia, Olivier Rabourdin et Eriq Ebouaney !
    https://actu.fr/normandie/omonville-la-rogue_50386/dans-hague-une-impressionnante-equipe-tournage-une-grosse-production-cinema_26201138.html

    https://sg.news.yahoo.com/tony-leung-begins-filming-movie-063300089.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&guce_referrer_sig=AQAAAAU28gY1W7i2E9t8MxnSaDX-ZwiE8LNdbCKzdvP_eCjX_obJg5sHeTjGl8ASyedn7JkwK8TrkDBZcNIZskoEcx9aQkGA5aD1Kr0KbpSVGa585SfmrN_eycDdJiQErYdwMSMzi1d2MqtfbS3u0znMvOLucEM9nbWFNyYpAPP1KGLX

    Un petit mot sur Knight of Shadows. Les critiques professionnelles sur imdb sont loin de le descendre donc sa mauvaise réputation me laisse perplexe. Je pense que sa note va augmenter.

  5. 5 septembre 2019 à 15 h 54 min

    Oui j’avais vu ça… pauvre Tony Leung Chiu Wai.

    J’ai vu Knight of Shadows (je ne poste les critiques que lorsque le film sort en France). C’est mauvais. Mais il y a quelques choses d’injustes en effet… c’est pour ça que les critiques semblent moins méchantes que sur Bleeding Steel

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