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  • 07Mar

    [critique] THE FOREIGNER de Martin Campbell (2017)

    Jackie Chan n’était plus apparu dans une production occidentale depuis 7 ans avec le remake de Karate Kid où il put enfin montrer au public occidental une autre image que celle d’un clown bondissant fort sympathique. Et c’est sans aucun doute ce qui a déterminé le choix de Jackie Chan pour le rôle de Quan dans l’adaptation du besteller anglais, « The Chinaman » de Stephen Leather.

    Depuis bientôt 10 ans (pensez Shinjuku Incident), l’icône international du cinéma d’action souhaite évoluer dans sa carrière en acceptant des rôles qui ne nécessiteraient pas ou peu de ses qualités athlétiques de toutes manières déclinantes avec l’âge. En cela, The Foreigner arrive à point nommé ! Mis en scène par un vétéran du genre, Martin Campbell est un spécialiste du remodelage. Dans sa carrière, on compte le dépoussiérage du personnage de Zorro (les films avec Antonio Banderas) et deux James Bond dont il réussira par deux fois à changer l’image et le ton avec Goldeneye avec Pierce Brosnan et surtout Casino Royale avec Daniel Craig, le meilleur James Bond (avec Skyfall), rien que ça.

    Rien d’étonnant donc qu’il trouve avec The Foreigner, à la fois son thème de prédilection lié aux affaires politiques et de justice mais aussi le challenge de changer définitivement l’image de Jackie en occident. Et ça marche !

    A la fois succès critique et public (145M$ dans le monde pour un budget de 35M$), Martin Campbell signe un grand retour au cinéma après le raté Green Lantern en 2011, genre bien trop éloigné des thèmes de prédilections du réalisateur. Avec The Foreigner, il se permet même de refaire en mieux ce qu’il avait loupé avec Hors de Contrôle, un Mel Gibson vendu à la sauce Payback mais qui sera loin d’égaler ce dernier en termes de noirceur.

    Pourtant, durant le visionnage de The Foreigner, on commence à comprendre qu’il y a tromperie sur la marchandise.

    Suite au succès au box-office de Taken en 2008, nombreux sont les films qui ont surfé sur la vague. Parmi les plus réussi, on peut citer The Equalizer ou John Wick. Il faut savoir que la promotion d’un film rejette tout ce qui est complexe quitte à faire des raccourcis grossiers. Ainsi comme pour Hors de Contrôle (sorti deux ans après Taken), The Foreigner est présenté comme un film d’action à la Taken avec un Jackie Chan déterminé à tout fracasser sur son passage. Sauf qu’au bout de la première heure, on commence à comprendre que ça ne sera pas le cas. Et contre toute attente, il s’avère au final que c’est un choix payant !

    Se passant en Angleterre durant la campagne de bombardement de l’armée républicaine irlandaise provisoire (IRA), le film réussit à éviter le syndrome série B, en mêlant habilement complot politique et dimension humaine par la présence de Quan, chinois immigré campé par un Jackie Chan dépressif impeccable de retenue. Plus que les quelques courts combats, c’est vraiment cet aspect dépressif qui rend le film supérieur à tous les Taken-like, vides d’émotion. L’intelligence du script, augmenté par la direction sèche et sans fioriture de Martin Campbell (pensez sa série anglaise de 1985, Edge of Darkness) parviennent à nous faire adhérer à la détresse de Quan dans sa quête de vengeance. Plutôt que d’en faire un psychopathe obsessionnel, Quan est dépeint comme un homme âgé, usé par la vie qui va être contraint de renouer avec les spécialités de son ancienne vie de soldat, non pas pour tuer tous ceux qui se dresseront sur son passage mais pour retrouver les noms des assassins de sa fille. Le film insistera d’ailleurs plusieurs fois sur cet aspect : Quan veut les noms et uniquement les noms !

    Le complot politique lui est porté par un Pierce Brosnan charismatique, qui se voit acculé de toutes parts pour maintenir la paix irlando-anglaise. Rien ne lui sera épargné.

    Les scènes d’actions quant à elles, sont à la fois nerveuses et crédibles. Jackie Chan se bat comme un homme de son âge. Bon… mieux que le simple commun des mortels tout de même, mais on sent la volonté chez le réalisateur de prendre en compte l’âge, la souplesse et l’endurance. Ici, les combats sont expéditifs et Quan se retrouve vite en sueur, essoufflé et bourré d’ecchymoses. Pour faire simple, ce sont les meilleurs combats de Jackie depuis… Chinese Zodiac.

    Au final, The Foreigner est un excellent Jackie Chan, mais c’est surtout un thriller très efficace, porté par la vision précise et sèche de Martin Campbell dont la portée dépasse de loin la filmographie de son acteur principal. Un thriller efficace à l’anglaise !

    8/10

     

     

Accueil Forums [critique] THE FOREIGNER de Martin Campbell (2017)

Ce sujet a 6 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Tirry, il y a 6 mois et 2 semaines.

7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
  • Auteur
    Messages
  • #12292

    Tirry
    Admin bbPress

    Jackie Chan n’était plus apparu dans une production occidentale depuis 7 ans avec le remake de Karate Kid où il put enfin montrer au public occidental
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    #12293

    NewKolby
    Participant

    Je conseille vraiment ce film aux amateurs de film d’action. Soft, un rythme au delà de nonchalance mais assez efficaces. J’ai vraiment passé un superbe moment a le visionner d’abord seul et ensuite avec la famille a 3 reprises.

    #12294

    Tirry
    Admin bbPress

    Ce n’est pourtant pas un film qu’on pourrait qualifier de « familiale » ^^

    #12311

    dragonheart
    Participant

    The Foreigner est sans conteste un très bon Jackie. Il était temps de le retrouver enfin dans une oeuvre maîtrisée, solide, lui qui a enchaîné les films moyens, voire médiocres.
    Dans The Foreigner, les combats sont plus secs et âpres que d’habitude, le montage un peu plus serré et découpé. C’est convaincant car cela masque l’âge de Jackie, qui n’a plus les capacités de bondir aux quatre coins de l’écran.
    Dorénavant, c’est ce qu’il doit faire systématiquement, même dans une comédie d’action.
    Mais à bien y regarder, Jackie assène finalement assez peu de coups à ses adversaires. Et c’est là mon bémol. J’aurais voulu des affrontements encore plus brutaux et que ça cogne véritablement, que ça fasse mal.
    En outre, il ne tue personne parmi l’entourage de Pierce Brosnan. Un comble pour un père vengeur, ancien soldat chevronné au passé sombre qui n’a plus rien à perdre !
    On sait bien que Jackie se soucie malheureusement à l’excès de son image de gentil clown bagarreur auprès des enfants.
    C’est ce qui l’a conduit (et le conduit encore) à s’enliser dans de mauvais films complètements lisses, fades et creux.
    Malgré tout, Quan est à ce jour son seul personnage un peu trouble avec peut-être aussi celui de Shinjuku Incident. On en redemande, on en veut plus.

    Martin Campbell fait de The Foreigner plus qu’une série B à la Taken grâce à un scénario tortueux, complexe, intéressant dont le thème et les enjeux dépassent les protagonistes eux-mêmes.
    Je classerais davantage The Foreigner aux côtés de Danger Immédiat et Jeux de guerre pour le mélange thriller/politique/action.
    Le seul petit problème c’est que Jackie disparaît à un moment donné du métrage pendant environ 15 minutes, avant de revenir sur la fin.
    Un final nerveux… que j’aurais voulu là aussi encore plus couillu.

    Les acteurs sont excellents : Pierce Brosnan en ancien de l’IRA ambigu, pris dans un étau, et Jackie, sobre dans la tristesse.

    Il est clair qu’en comparaison de Skiptrace, Kung Fu Yoga et Bleeding Steel, The Foreigner est plus probant à plusieurs niveaux (intrigue, narration, réalisation).
    Espérons que Jackie se libère enfin de ses chaînes moralisatrices et artistiques pour explorer davantage l’âme sombre humaine, tout en continuant les films d’action et d’aventure avec des réalisateurs, jeunes ou vieux, ayant une vision de mise en scène et des talents de raconteur d’histoire.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 6 mois et 2 semaines par  dragonheart.
    #12313

    Tirry
    Admin bbPress

    Merci pour ta critique.
    Il apparaît actuellement que les réalisateurs d’Hollywood sont plus à la hauteur que les récentes coopérations de réalisateur chinois tel que Stanley Tong ou Leo Zhang.

    Je pense à Scott Waugh sur Ex-Baghdad (titre provisoire) bien plus excitant que Vash sur le pourtant sympathique pitch de Knight of Shadows.

    #12316

    NewKolby
    Participant

    @tirry
    Je n’ai pas dit que c’est un « film familial », je dit simplement que je l’ai visionné en familles vue l’intrigue et la porté du thème développé. Ce qui pour nous, a eu droit a un débat » familial » très amical vue les différents thème qu’il dégageait par exemple la vengeance sans forcément passé par la mort, le terrorisme cette fois pas islamique, mais qui au début suspecté, et bien d’autres.

    #12317

    Tirry
    Admin bbPress

    J’ai bien compris @newkolby ^^

7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)

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