• Home ·
  • Entretien ·
  • Entretien avec Renny Harlin, le réalisateur de SKIPTRACE pour SlashFilm.com
  • 31Août

    Entretien avec Renny Harlin, le réalisateur de SKIPTRACE pour SlashFilm.com

    Visiteurs réguliers de JACKIE CHAN FRANCE, vous n’êtes pas sans savoir que Renny Harlin, l’heureux réalisateur de quelques bandes sous testostérones des 90’s a signé la mise en scène du dernier Jackie Chan, SKIPTRACE. Beaucoup d’entre nous ont grandi en regardant les films de Renny Harlin comme Cliffhanger et 58 Minutes pour Vivre pour ne citer que les plus populaires.

    Jackie Chan et Renny Harlin ont des approches très différentes de l’action à l’écran. Renny Harlin représente un style « explosif » made in Hollywood et Chan incarne son style unique et inimitable entre arts martiaux, cascades et comédies.

    Dans, Skiptrace, Chan interprète Benny Chan, un inspecteur de  la police de Hong Kong, qui doit faire équipe avec un tempérament totalement différent au sien, un joueur d’argent américain nommé Connor Watts (Johnny Knoxville). Chan ramener Watts à Hong Kong, mais leur voyage les mènera de la Russie à la Chine continental, traversant désert, villages et les villes, tout en étant poursuivi par des méchants dirigés par Dasha (la catcheuse de la WWE, Eve Torres).

    Selon les spectateurs qui ont eu la chance de voir le film, les scènes les plus remarquables du film sont celles qui sont totalement dans un pur style « Jackie Chan » incluant un combat dans une usine de poupée russe (aperçu dans les différentes bandes annonces) et [SPOILER] une autre scène où il pousse la chansonnette avec le titre « Rolling in the Deep » de Adèle. [/SPOILER]

    Voici donc la traduction d’un entretien avec Renny Harlin réalisé par le site SlashFilm.com. L’occasion de revenir sur l’un de ses films les plus emblématiques de sa carrière (mais malheureusement énorme échec commercial) L’ïle aux Pirates (1997) avec Geena Davis, Un Pirates des Caraïbes avant l’heure et puis actualité oblige, il revient sur Skiptrace, son travail avec Jackie Chan et la différence entre la façon de faire du cinéma aux Etats-Unis et en Chine.

    skiptrace

    SlashFilm : Pendant que vous étiez en Asie sur le tournage de Skiptrace , je vous avais tweeté que j’avais été à une projection spéciale de l’ïle aux Pirates au New Beverly Cinema à Los Angeles. La salle était quasi remplie et nous avons tous adoré.

    Renny Harlin : C’est génial. Je me souviens vous avoir envoyer un message à ce sujet et je me souviens avoir été très heureux. J’étais réellement surpris et très heureux d’apprendre que la réception a été bonne parce que le film est une de ces choses qui est toujours resté dans mon esprit comme étant un échec malheureux. Je ne dis pas que le film est un chef d’œuvre, mais il n’a pas bénéficié d’une bonne distribution donc il est tombé à travers les mailles du filet et a obtenu une mauvaise réputation. C’est dommage parce que je pensais, bien avant Pirates des Caraïbes, que ça serait un excellent moyen pour ceux d’entre nous qui désirons voir un film de pirates.

    Je me demandais, avez-vous déjà eu l’occasion de voir que le film avec le public ? Peut-être à la première ?

    Je n’ai jamais vu le film avec le public. C’est triste.

    Espérons qu’ils vont le faire à nouveau et vous pourriez venir.

    Oui, c’est certainement le bon moment pour faire passer le message.

    J’en suis heureux. Incontestablement, vous avez travaillé avec certaines des plus grandes stars du cinéma d’actions dans le monde. Vous avez fait deux films avec Stallone et 58 Minutes Pour Vivre avec Bruce Willis. Comment Jackie Chan s’est il positionné avec ces expériences ?

    C’est une bonne question. Jackie est dans sa propre catégorie. Ayant commencé comme un artiste de cirque essentiellement [à l’Opéra de Pékin] puis comme cascadeur, chorégraphe, acteur et metteur en scène, il fait tout. Il a l’énergie de 10 personnes et les idées de 50 personnes. Il est le genre de gars qui est très impliqué dans la fabrication d’un film. Il est le premier sur le plateau de tournage le matin et la dernière personne à le quitter. Il participe à tout. Il est tout simplement le plus grand des travailleurs. Il n’est pas du genre: « Ok, quand dois-je me présenté et où est ma loge ? » Il est là et il fait partie du processus et il adore ça. Il aime faire des films plus que tout au monde. Il est toujours de bonne humeur avec beaucoup d’énergie et prêt à tout essayer. Aussi, je dois dire, qu’il a été très respectueux envers mon rôle de metteur en scène. Il avait des idées qu’il me soumettait le matin, mais il ne me les a jamais imposées. Etant également producteur sur le film, il n’a jamais été du style : « Vous devez faire ceci ». Il disait tout simplement: « Hé Renny, que penses-tu de ça ? J’ai cette idée ». Quand certaines étaient vraiment du pur génie, je répondais «  Super, nous allons le faire ». Certaines d’entre elles étaient impossibles à exécuter dans les délais et les contraintes que nous avions. Alors je lui disais : « Bon, voilà une bonne idée, mais ça ne correspond pas tout à fait à notre histoire ou notre style ». Ce fut donc une grande collaboration et il a été totalement à mon écoute et a suivi ma direction. Cela n’a jamais été un problème.

    La chose intéressante que j’appris de lui et qui était d’abord un peu effrayant et puis par la suite vraiment libérateur était qu’en Chine, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. En Chine, rien n’est impossible. Jackie peut venir le matin et avoir toutes ces idées et élaborées une séquence d’action. Il voulait faire une séquence d’action où il peut tout casser faire toutes des gags avec du feu. Je lui ai dit : « Hey, j’aime tes idées, mais nous ne sommes pas préparés pour ça. Nous ne disposons pas des accessoires nécessaires ». Et lui me répondait :  » Si tu aimes l’idée, ne t’inquiètes pas pour ça. Après le déjeuner, nous aurons tout cela ». L’équipe est allée travailler. Il y avait 400 personnes dans l’équipe, tous des Chinois. J’étais le seul américain. Ils sont allés bosser. Nous tournions autre chose et Tandis qu’il y avait 30 gars qui travaillaient sur la nouvelle idée. Après le déjeuner, il y avait des répliques parfaites de meubles et accessoires. Les grues étaient sur des cordes. Tout était fait. Je n’arrivais pas à en croire mes yeux. C’est un peu comme quand ils disent qu’ils peuvent construire un immeuble de grande hauteur en deux semaines. S’ils y mettent le cœur, ils peuvent tout faire. Ce fut une grande révélation pour moi venant du cinéma américain où pour quelque chose comme ça, vous avez besoin de passer par 10 réunions, 10 semaines de préparation et divers planifications et constructions. Ici, vous pouvez littéralement improviser, trouver des idées et tout est à peu près possible. Ce fut la grande chose que j’ai appris de Jackie.

    Ce combat d’usine est une séquence classique digne de Jackie Chan. Parlez-nous de la chorégraphie et du tournage de cette scène.

    L’histoire amène les personnages en Russie, donc nous nous sommes demandés comment nous pouvions faire une séquence qui pourrait vraiment montrer ses poupées russes ? Durant l’écriture, nous avons donc placé la scène dans une usine russe qui crée ces poupées qui sont un cliché russe. C’est Jackie qui est venu avec l’idée des poupées qui sont emballés à l’intérieur de l’autre durant le combat. Ça semble être une idée assez simple mais c’était en fait un peu compliqué à filmer. Si vous tenez une poupée et il casse, comment obtenez-vous dans la même main qui a été heurté, les autres poupées à l’intérieur ?  Il était en fait logistiquement plus difficile à faire que ça en a l’air, mais nous tenions à la faire parce que c’est juste absolument drôle parce que tout le monde connaît ces poupées.

    On a fait ça dans un immense entrepôt à Pékin qui est une énorme ancienne usine où nous avons construit tout cela. C’était trop dangereux et compliqué à filmer dans une véritable usine alors ils ont tout construit juste pour servir l’histoire et l’action. Nous avons fait un storyboard des gags ensemble et on a construit. Je travaillais en étroite collaboration avec l’équipe de cascadeurs de Jackie et Wu Gang qui est son coordinateur des cascades et c’est devenu mon ami très proche. Puis Jackie est venu une journée. Nous tournions depuis trois ou quatre jours, puis il a regardé les prévisualisations afin de lui montrer tous les gags que nous avions conçus. Puis il a demandé comment certaines se faisaient et il a commencé à ajouter ses idées à lui. Certaines d’entre elles sont petites et d’autres sont vraiment très bonnes. Tout a fonctionné au sein de ce que nous avions construit donc il y a beaucoup de pré planification et beaucoup d’improvisation de Jackie.

    Skiptrace1

    Il est vrai que Jackie Chan s’est formé à l’Opéra de Pékin qui comprend tous types de performances, y compris le fait de chanter. Je possède un de ses albums. Avez-vous inclus la scène de « Rolling in the Deep » d’Adèle parce que Jackie est aussi un chanteur ?

    C’était un peu une révélation pour moi aussi. J’avais entendu parler du fait qu’il chante, mais pas du fait qu’il a enregistré plusieurs albums qui sont de grands hits. Il peut attirer 25.000 personnes facilement à un concert. Alors, j’ai cherché un endroit où je pouvais le faire chanter. Puis, quand nous étions en Mongolie, j’ai tout de suite adoré cet endroit et j’ai adoré les gens et nous avons adoré l’atmosphère. Je pensais que ce serait un endroit génial pour croiser l’Orient et l’Occident. J’ai demandé aux jeunes en Mongolie, « Y at-il des chansons pop occidentales qui vous plaisent ? » Ils ont dit: «Bien sûr.» Et j’ai alors demandé: « Quelle est votre chanson préférée ? «  Et ils m’ont répondu : « Adèle » Je me suis dit : « Oh mon Dieu, c’est impressionnant » alors j’ai eu cette idée d’inclure la chanson d’Adèle. J’ai demandé à Jackie qui connaissait naturellement la chanson. La foule connaissait les paroles. Nous avons donc créé cette scène que je trouvais génial et le public semble vraiment à l’aimer parce c’est un moment ou toutes les cultures se rencontrent  La musique et l’art sont universelles. Ça unit les gens d’une manière positive.

    Skiptrace2

    Est-ce que le cheval a crotté au bon moment dans toutes les prises ?

    Rires ] Ce fut une de ces choses complètement folles. Ce cheval était un cheval maladroit. Il ne faisait rien de ce que nous lui demandions de faire. Les mongols peuvent gérer les chevaux et faire quelque chose avec eux, mais pour les gens normaux, il est totalement impossible de les contrôler. De ce fait,  le cheval ne faisait rien au bon moment. Lorsque Jackie et Johnny étaient censés monter ensemble, le cheval refusait. Quand Johnny essayait de le tirer, le cheval refusait d’avancer. Le moment il fait caca était juste une folle coïncidence. Il a fait ça en plein dialogue. Je me suis demandé plusieurs fois : « devrais-je l’inclure dans le film ? ». Je pensais que c’était marrant. Alors pourquoi pas ?

    Je suis heureux que vous l’avez gardé ! Le tournage des scènes en mandarin a été un défi pour vous ?

    Ce ne fut pas un défi. Toutes les scènes que nous avons faites en chinois, était également écrite en anglais. Donc, tous les acteurs ont pu les faire en anglais. Alors je devais juste choisir les meilleurs prises quand je faisais le montage du film. Les acteurs chinois étaient plus forts dans leurs scènes quand ils parlaient leur langue maternelle, donc j’ai choisi les versions en chinois avec les sous-titres anglais. Leurs interprétations étaient meilleurs et je trouve que c’est justifié que lorsqu’il y a les chinois sont entre eux, il est logique qu’ils utilisent leur langue. Puis, quand ils traitent avec des personnages américains, ils parlent en anglais.

    Jackie montre toujours le bêtisier à la fin de ses films et ce que vous n’avez jamais fait auparavant. Maintenant que vous les avez montrés dans Skiptrace, pensez-vous qu’il pourrait être amusant pour vos prochains films ?

    Ouais, j’aime l’idée. Je ne l’ai jamais copié avant mais puisque c’était un film de Jackie, je me suis dit que ça lui appartenait. Je pense que c’est mieux quand il s’agit d’une comédie. Si c’est un film sérieux, ça marche moins bien. Dans une comédie ça fonctionne.

    Était-il agréable de pouvoir filmer dans des endroits réels et non pas sur un écran vert?

    C’était génial et ce fut pour moi une excellente manière de découvrir la Chine. Nous sommes allés à huit endroits différents, huit différents grands changements, les avions, les trains et les camions de déménagement, 400 personnes et tout l’équipement. Ce fut une grosse affaire. Nous avons commencé en Mongolie, puis voyagé à travers la Chine, puis à Macao et à Hong Kong, tourné autour de Pékin et en studio à Pékin. Je pense avoir sélectionné les meilleurs endroits. Il y a encore beaucoup d’endroits à montrer pour une éventuelle suite, mais je voulais juste montrer au public à quel point la Chine est belle et diversifiée.

    Skiptrace3

    Est-il prévu de tourner une suite ou allez-vous faire des films plus asiatiques ?

    Je ne peux pas confirmer encore, mais il y a eu des discussions au sujet d’une suite. En termes de films asiatiques, certainement. Je vis actuellement à Pékin et je suis en pré production sur un film pour AliBaba Pictures. C’est un grand film d’aventure fantastique appelé The Legend of the Ancient Sword. C’est basé sur l’un des plus grands jeux vidéo en Chine. Nous sommes en pleine préparation. Nous construisons les décors. Nous préparons le casting. Nous commençons le tournage dans quelques mois donc je vais rester encore rester Chine. J’ai créé mon propre société de production ici. Je développe beaucoup de choses pour moi et des productions. Je pense réellement rester à Pékin. J’aime beaucoup cet endroit. Je pense que les équipes sont super. Les gens sont super. Il y a tellement d’histoires qui peuvent être racontées ici. Outre le genre de films fantastiques traditionnels, les films historiques et les comédies, je pense qu’il y a toutes sortes de films d’action intéressants qui peuvent être réalisés ici. Des thrillers, des films d’horreur. Je pense qu’il y a de nouvelles choses à faire ici, donc je suis heureux de travailler à Pékin.

    Eve Torres est un grand méchant dans Skiptrace. Puisque vous avez dirigé 12 Rounds avec John Cena, qu’en est-il des personnalités de la WWE qui arrivent sur le grand écran ?

    Eh bien, ceux sont des artistes impressionnants. Ils sont habitués à être devant des gens et capable de créer le drame, la comédie, la folie. Ils sont physiquement incroyables. J’ai adoré travailler avec John et je vois John ayant un grand avenir également, en particulier en Chine maintenant que la WWE est en train de devenir un grosse affaire en Chine. Je pense que John peut être une grande star ici. Eve est impressionnante. Elle est incroyable physiquement. Elle est belle. C’est une bonne actrice. Alors, peut-être pas tous, mais beaucoup d’entre eux ont le charisme qu’il faut pour être sur le grand écran.

    John Cena a eu beaucoup de succès dans la comédie depuis Crazy Amy de Judd Apatow.

    J’ai vu. Il était génial dans le film. Il était si drôle, et je connais assez bien John. C’est un gars très drôle. Il possède un très bon timing comique de pince-sans-rire donc je pense qu’il peut tout faire.

     

Accueil Forums Entretien avec Renny Harlin, le réalisateur de SKIPTRACE pour SlashFilm.com

Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Tirry, il y a 1 an.

Affichage de 1 message (sur 1 au total)
Affichage de 1 message (sur 1 au total)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.