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  • 02Déc

    [critique] KNIGHT OF SHADOWS: BETWEEN YIN AND YAN de Vash Yan Jia (2019)

    Il y a quelques choses d’injustes concernant le film The Knight of Shadows : Between Ying and Yang.

    Comme on pouvait s’en douter depuis son premier trailer, le film n’est pas une grande réussite. Pourtant, l’intention de départ était plutôt excitante : faire revivre au cinéma les récits fantastiques de l’écrivain Pu Sonling, surtout connu en occident grâce la trilogie cinématographique Histoires de Fantômes Chinois. Surtout qu’il s’agissait du premier « ghost story » avec Jackie Chan, désireux désormais de varier ses rôles au cinéma.

    En cela, il était inutile d’attendre de ce film des cascades et des combats homériques. De toute manière, à 65 ans passés faudra bien se faire à l’idée que ce n’est plus possible d’attendre de l’action authentique de la part Chan. Et à travers ce constat, c’est toute une époque qui se tourne.

    Avec les projections 3D et les effets numériques en constantes évolutions, il est naturel que Jackie Chan investisse ce type de cinéma grand spectacle. Et Knight of Shadows est clairement créer dans ce but. Kiefer Liu, le producteur de la récente trilogie Monkey King, a naturellement fait appel à Vash Yan Jia, réalisateur d’un premier mauvais long-métrage horrifique dont le seul intérêt est qu’il soit tourné en 3D.

    Si la 3D bénéficie d’un plutôt bon travail artistique, exit le côté horrifique que l’on peut attendre d’une « ghost story ». Ici, on est plus proche du film de fantôme pour enfant qui surfe sur les succès de Monster Hunt 1 et 2.

    Le cœur de cible n’est clairement pas les fans de la première heure. Ici, Jackie Chan incarne Pu Sonling un chasseur de démon, assisté par un jeune étudiant en sorcellerie et un groupe de petits monstres gentils. Le problème, c’est que l’intrigue du film ne tourne pas autour de Pu Sonling ! (le titre chinois est : Detective Pu Sonling)

    En ajoutant une sous-intrigue bien plus palpitante et émotionnelle autour d’un couple amoureux maudits. Le récit oscille entre les deux intrigues sans jamais choisir d’investir radicalement la trajectoire de ses héros. En cela, ni les enfants, ni les plus grands peuvent pleinement apprécier la proposition.

    Si Jackie Chan est alors égale à lui-même en sorcier espiègle. L’implication pleine d’émotion de la superbe Elane Zhong (le superbe Youth de Feng Xiaogang) ne peut sauver le film du manque de point de vue du scénario. Ne reste que quelques gags à base de pets toxiques et une scène de poursuite hilarante avec des miroirs magiques. C’est évidemment bien trop maigre.

    Vu en 2D, le film peut sans doute voir sa valeur légèrement réhaussée durant une projection en 3D dont le final est clairement pensé pour ça. Mais il ne faudra pas s’attendre à un miracle non plus.

    Au final, avec son sous-titre prémonitoire (entre Ying et Yang), The Knight of Shadows est bien trop mal écrit pour impliquer le spectateur. Sincère et vaillant, Vash Yan Jia fait tout ce qu’il peut pour rattraper le vide du film qu’on lui a confié. Durant toute sa vision, on se dit que le film aurait pu être tellement mieux s’il y avait eu un scénariste confirmé et un producteur plus honnête derrière.

    Le film est disponible en France sur la plateforme vod Amazon Prime Video.

     

     

     

     

    Les opinions exprimées dans cette critique ne concerne que son auteur et n’est en rien représentatif de l’ensemble des membres de Jackie Chan France.

Discussion 6 Responses

  1. 5 décembre 2020 à 21 h 18 min

    Je trouve le film réussi au niveau des costumes et des décors, esthétiques, qui foisonnent de couleurs.

    Mais j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, probablement à cause de cette absence de point de vue et de l’humour qui tombe à plat. Les effets spéciaux sont décevants, en particulier l’intro, et les petits fantômes amis sont moches. Quant au final, c’est carrément un jeu vidéo.

    Le film souffre, une fois de plus, de la direction grand public et familiale que Jackie n’arrive pas à abandonner. C’était déjà l’une des faiblesses de 1911, film de guerre sans guerre. C’est trop lisse, ça manque de morbidité, d’horreur. Jackie est à l’aise dans son personnage espiègle qui rappelle ses jeunes années. Mais en tant que chasseur de démons, il n’a aucune aptitude particulière et se contente juste d’ouvrir son livre.

    J’aurais adoré voir plus de magie, de sorcellerie, de potions, de sortilèges issus du folklore chinois, voire une transformation physique à la « Loup-garou de Londres ». Bref, même « Blanche Neige et les 7 nains » est plus angoissant que « Knight of Shadows ». Il aurait été plus excitant de suivre l’exemple de Sammo Hung avec « L’exorciste chinois » et « Mr Vampire ». Au moins Sammo était moins prisonnier de considérations commerciales et de scrupules artistiquement douteux.

    • 7 décembre 2020 à 2 h 34 min

      Plutôt d’accord avec tout ce que tu penses Dragonheart.
      Néanmoins je nuancerai sur « la direction grand public et familiale que Jackie n’arrive pas à abandonner ».
      Contrairement à toi, je ne pense pas que Jackie Chan soit le premier responsable. Surtout qu’il ne cesse dire qu’il veut être considéré comme un acteur et avoir des nouveaux rôles. Mais visiblement aucun grand réalisateur n’a de rôle pour un chinois de 60 ans passé.

      Sur Knight of Shadows, Kiefer Liu, le producteur est venu chercher Jackie Chan. C’est pareil pour Bleeding Steel et Vanguard. Mais également Karate Kid, PS2013, The Foreigner, Railroad Tigers et Kung Fu Yoga. Jackie Chan n’est pas à l’origine de ces films. Little Big Soldier, Chinese Zodiac, Dragon Blade et Skiptrace viennent de lui.

      On peut cependant lui reprocher de ne pas être regardant sur les scripts et faire un peu trop confiance. Notamment à Stanley Tong qui est clairement derrière le remodelage de la franchise Armor of God. Chinese Zodiac ressemble fortement au concept de Kung Fu Yoga et Vanguard. Mais le besoin qu’il a de tourner est sans doute plus fort. Du moins quand sa société de production n’est pas impliqué. (il a fait réécrire X-Traction et Five Against a Bullet parce qu’il est le producteur délégué).

      Si il est totalement vrai que Jackie Chan est « prisonnier de considérations commerciales et de scrupules artistiquement douteux », c’est surtout son entourage, les vieux amis, les jeunots, les investisseurs… qui l’emprisonnent dans un cinéma puérile. Mais vu les échecs commerciaux et critiques plus pour longtemps… du moins je l’espère.

      J’ignore comment le script X-Traction et celui de Five Against a Bullet sont arrivés dans les mains de Jackie. Sans doute par son agent américain.

  2. 7 décembre 2020 à 21 h 03 min

    Je pense en effet que Jackie est coresponsable. Quand on vient le chercher pour un film fantastique, je le vois bien dire « ok, ça m’intéresse mais vous enlevez tout ce qui est horrifique ». Dans une interview pour The Foreigner, il déclare que Campbell souhaite de l’action plus dure et il ajoute « je sais faire ça mais pas trop violent ». Donc c’est tout le temps sous condition.

    Enfin j’ai parfois l’impression que ce sont plus les films qui changent que ses rôles. Quel que soit le film, il est toujours d’une bienveillance excessive, naïve et mièvre qui le conduit à être passif dans les combats. Et c’est seulement dans Shinjuku Incident qu’il commet un acte immoral, un meurtre.

    Bref, avant il avait plus de caractère et il était plus entreprenant, c’était mieux.

    • 8 décembre 2020 à 15 h 43 min

      C’est vrai qu’il était plus pugnace et téméraire. C’est à partir de 1996 avec First Strike qu’il a commencé à être sur la defensive.
      Néanmoins sur The Foreigner, il tue à la fin. Je ne me souviens pas avoir lu dans un entretien que Jackie Chan a demandé à Martin Campbell de faire des scènes d’actions moins violente. Par contre, dans une interview, il se sent obligé de préciser que son personnage choisis la mauvaise méthode pour se venger 🙂

      J’ai l’impression que Jackie Chan a une très haute conscience de l’image qu’il peut renvoyer. Sans doute, un trauma lié au suicide d’une fan japonaise quand elle a appris qu’il se mariait. Evidemment, il ne devrait pas le prendre aussi personnellement. Surtout à 66 ans ou sa carrière est derrière lui.

      On a déjà ce débat, Mais à titre personnel, la violence pour la violence, ne cache pas un mauvais film pour autant. L’esbrouffe John Wick 3 par exemple. Je trouve ça ridicule. Sans compter que je trouve les scènes d’actions très mal exécutés. Pour le coup, il aurait mieux valu doubler Keanu Reeves qui est bien trop raide, lent, limite maladroit par moment (peut être à cause de sa trop grande taille). Même si Jackie Chan ne glande rien dans Vanguard, il est au moins crédible dans ses mouvements même à 66 ans.

      Après, je dis ça mais si Jackie Chan veut investir un genre, alors oui, il faut qu’il accepte des situations plus dangereuses pour son personnage donc plus violentes (il a déjà fait). Mais l’argument qui repose juste sur : un mec qui tire à bout portant ou un mec qui casse des bras. Pour moi ça passe pas non plus. Un polar pour Johnnie To ou Michael Mann, ça aurait plus de gueule. Mais là, je rêve.

      Le problème est l’absence de direction et de scénaristes compétents autour de lui. POINT. La base quoi.

      J’adorai le revoir dans un rôle comme celui de BOOMER dans Twin Dragons ou même celui de l’escroc Thongs dans Rob-B-Hood. Jackie Chan a toujours campé le rebelle qui ne suit pas les règles. Pas sûr qu’à 66 ans, il puisse reprendre ce type de rôle plutôt comique (quoique Clint Eastwood dans La Mule est génial). De plus, Jackie Chan est le porte drapeau de la Chine à l’international. Le gouvernement pourrait peut-être le lui reprocher. Mais bon, ils ont bien accepté The Foreigner donc bon. Peut-être parce qu’il fait la nique au gouvernement anglais haha.

  3. 8 décembre 2020 à 19 h 50 min

    Ce n’est pas une demande formelle adressée à Campbell, disons un rappel poli. Voir cette vidéo vers 2m30s : https://www.youtube.com/watch?v=0ys9reoYXIo

    Dans The Foreigner, je le trouve surtout trop doux envers les sbires de Brosnan. Ça a commencé au milieu des années 90, c’est exact. A cause des petits zenfants qui regardent ses films -_- Je pense que la starification fait qu’il se prend trop au sérieux.

    Bien sûr que la vengeance est la mauvaise méthode, tout comme l’alcool, le tabac, le langage ordurier (Boomer). Mais c’est humain tout ça. Jackie doit apprendre à s’oublier lui-même pour pouvoir jouer des personnages et des sentiments négatifs.

    Lui qui veut être le De Niro chinois, je me demande s’il a bien regardé toute sa filmo. Les affranchis, Casino, Il était une fois en Amérique, sont bourrés de scènes, d’émotions et de personnages très violents et dépravés.

    • 9 décembre 2020 à 1 h 19 min

      Ça c’est sûr. Si il veut être considérer comme le De Niro chinois, il faut qu’il oublie l’image qu’il peut renvoyer et oublier son jeune public qu’il n’a plu, vu qu’ils ont grandi 😅 (la preuve avec les chiffres au b.o de ses derniers films. Les plus jeunes ne le captent même pas)

      Après, je vais faire son avocat mais je pense qu’il veut dire « pas de violence exagéré de psychopate. John Wick qui tire trois balle à bout pourtant dans le bide d’un motard puis lève la visière de son casque pour lui en mettre une en pleine gueule toujours à bout portant. Puis continue son massacre tranquillou comme un vulgaire fps… C’est complètement psycho. Et je te dirais pourquoi pas ? Malheureusement cette dimension psychiatrique n’est pas exploité. Ça en devient puérile et faussement cool.

      Je pense que c’est ça que veut dire Jackie dans la featurette.

      Je ne suis pas sûr qu’il dise non à Scorcese même si il doit finir comme Joe Pesci dans Casino.

      Mais oui… Ses récents films/choix sont lamentables.

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