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  • 09Mar

    Jackie Chan au 13e Comité national de la CCPPC à Pékin

    Depuis 2013, Jackie Chan est un membre de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC) pour le département du cinéma qui se tient tous les ans au mois de mars à Pékin. Cette année, les conseillers politiques de l’industrie cinématographique demandent plus de films aux caractéristiques chinoises pour renforcer la culture chinoise. « Nous avons des éléments culturels riches qui peuvent être développés dans des films populaires […] Nous avons le kung-fu, et nous avons le panda, mais nous n’avons pas fait Kung-Fu Panda, Hollywood l’a fait ».

    Chan a souligné l’importance de meilleures méthodes marketing pour promouvoir les films chinois auprès des cinéphiles internationaux. Parlant de Amazing China, un récent documentaire sorti dans les salles chinois qui passe en revue le développement global du pays au cours des cinq dernières années, Jackie Chan a déclaré que des sous-titres anglais devraient être ajoutés pour la promotion à l’étranger. « Les films aideront finalement les étrangers à mieux comprendre cette nouvelle Chine et ils seront plus disposés à visiter le pays », a-t-il dit, ajoutant que « la qualité est la clé du succès des films chinois à l’étranger ».

    A titre d’exemple, Jackie Chan a cité Operation Red Sea, un film d’action inspiré des événements au Yémen en 2015 où des citoyens chinois ont été évacués par la marine chinoise. Sortie pour les fêtes du nouvel an chinois, le film a atteint la barre des 500M$ au box-office. Pour Jackie Chan, le film réalisé par le cinéaste de Hong-Kong, Dante Lam, est un bon exemple de coopération entre les cinéastes de Hong-Kong et de la Chine continental. Il estime que les cinéastes de Hong-Kong peuvent grandement contribuer à l’industrie cinématographique en plein essor du pays. « Quand on leur donne un thème plus large », dit-il, « les réalisateurs de Hong-Kong qui se concentrent habituel sur des sujets locaux peuvent aussi utiliser leur expertise pour réaliser quelques productions populaires ».

    Les recettes du box-office chinois en février ont atteint 1,58 milliard de dollars en seulement un mois, établissant ainsi un record mondial. Et 70% de ses recettes représentent des productions nationales. Avec plus de 8,8 milliards de dollars de recettes au box-office en 2017, la Chine est désormais le deuxième marché du film au monde après les États-Unis. A titre de comparaison, en 1997 le marché du cinéma chinois représentait seulement 126M$. À la fin février, la Chine comptait 53 824 écrans de cinéma, soit le plus grand nombre de salles de cinéma au monde. « Plus de 70% des billets de cinéma en Chine ont été vendus sur Internet, ce qui est inimaginable dans d’autres pays », a déclaré Hou Guangming, chef du Parti communiste de l’Académie du film de Pékin et membre de la CCPPC.

    Néanmoins, beaucoup de travail reste à faire. Lundi, les Oscars, ont de nouveau rallumé les aspirations de nombreux cinéphiles chinois. Hou a admis que les récompenses nationales de film en Chine attirent moins d’attention. « Les Oscars sont les prix du cinéma national des Etats-Unis », a-t-il déclaré. « Mais les films américains ont une influence mondiale grâce à une activité cinématographique très développée et ça continuera ».

    Hou a déclaré que l’industrie cinématographique chinoise ne doit pas toujours suivre le modèle hollywoodien. « Par exemple, nous pouvons lancer des festivals de films qui favorisent notre propre esthétique et nos valeurs, et gagner une plus grande voix à l’étranger », a-t-il dit. « La culture chinoise ne peut pas être reflétée avec des visions individualistes », a déclaré Hou. « Jackie Chan est un ambassadeur de la culture chinoise à travers le cinéma, mais la culture chinoise va bien au-delà du kung-fu. Nous devons approfondir nos traditions et avoir une expression plus diversifiée ».

    Il a suggéré que les cinéastes devraient former une théorie cinématographique chinoise présentant les caractéristiques du pays. Le point positif est que le marché du film chinois actuellement en plein essor embrasse de nombreux genres. « Des exemples réussis de films d’art, de documentaires et d’autres genres, qui étaient impopulaires, sont apparus ces dernières années », a déclaré Hou.

    Plus de genres signifient qu’un éventail plus large d’expertise est nécessaire. Le problème actuellement est qu’il n’y a pas assez de réalisateurs chinois de haut niveau, selon Feng Xiaogang, réalisateur et membre également de la CCPPC. « Hollywood peut recruter des réalisateurs du monde entier pour leurs films », a-t-il déclaré. « Mais ce n’est pas réaliste pour la Chine, nous devons mieux conseiller nos propres talents ».

    Au cours des trois dernières années, Feng et d’autres réalisateurs chinois ont travaillé à l’élaboration d’un projet national visant à former des réalisateurs pour faire la promotion de leurs œuvres. « La vision des jeunes cinéastes ne doivent pas être déformés par l’argent dans un marché en plein essor », a-t-il expliqué. « Ils ont besoin de meilleurs conseils ».

    Feng Xiaogang a ajouté que de nombreux projets de formation transfrontaliers suivront, mais il a également appelé à plus de soutien financier du gouvernement. « C’est important pour les décennies à venir, car nous vieillissons », a-t-il dit.

    Des propos une nouvelles fois controversés

    Comme à son habitude, la presse de Hong-Kong n’aura pas manqué de faire tout un scandale pour des propos tenus par l’ancienne idole de l’ex-colonie britannique. Lors de la conférence, Jackie Chan a en effet dit qu’on ne devrait plus distinguer le cinéma chinois du cinéma de Hong-Kong : « De nos jours, nous ne devrions pas dire si un film est un film de Hong Kong ou un film chinois – les films de Hong Kong sont aussi des films chinois. Il s’agit seulement de savoir si vous faites des films locaux, ou nationaux – à Shenyang vous faites des films destinés au public de Shenyang, à Shandong vous faites des films pour le public de Shandong, beaucoup de ces films ne peuvent pas sortir en dehors de Shandong ou de Shenyang ».

    Jackie Chan a ajouté : « En Chine, il n’y a qu’un seul type de cinéma : le cinéma chinois. Il y a le film chinois de Hong Kong. Soit un cinéma local. Souvent, quand nous faisons des films à Hong Kong, ils sont faits uniquement pour les Hongkongais, mais les Hongkongais peuvent aussi faire Operation Red Sea pour tous les Chinois ».

    « Si vous faites un film sur Wong Tai Sin (NDR : un dieu taoïste très connu à Hong-Kong pour son pouvoir bénéfique sur la santé), cela ne peut être montré qu’à Hong Kong – et les résultats au box-office ne seront pas bons en Chine continental, car les gens ne comprennent pas. Mais si vous faites quelque chose avec une perspective plus universel comme Operation Red Sea ou Wolf Warrior, alors vous pouvez prétendre au marché mondial ».

    Ainsi, afin d’être sur le même pied d’égalité que Taïwan, Jackie a dit qu’il demanderait l’annulation des quotas pour les acteurs de Hong Kong et le personnel dans les coproductions entre les productions de Chine Continental et de Hong-Kong, puisque selon lui, c’est la même chose.

    Ses propos ont conduit à de fortes réponses sur les réseaux sociaux faisant semblant une nouvelle fois de ne pas comprendre ce qu’il a voulu dire.

    Le réalisateur Philip Yung dont le film Port of Call a remporté sept prix lors aux Hong-Kong Film Awards l’année dernière, a tenu à montrer son désaccord avec Jackie Chan en commentant sur Facebook accompagné de plusieurs affiches de l’âge d’or du cinéma de Hong-Kong : « Vous pouvez dire que nous n’avons pas fait de films aussi bons que par le passé, mais vous ne pouvez pas dire que le cinéma de Hong Kong n’existe plus. Travaillons plus forts, si les films de Hong-Kong sont bien faits, toute la Chine sera honorée, n’est-ce pas ? ».

    Beaucoup lui ont reproché d’oublier d’où il venait, puisqu’il a commencé à Hong Kong et qu’il ne serait pas ce qu’il est devenu sans le cinéma de Hong-Kong. Ils ont également fait remarquer naïvement qu’il est allé sur le marché l’international avec des films de Hong-Kong oubliant que les thèmes qui lui ont permis cela était « universel » et non à portée local comme en témoigne les films comme Jackie Chan dans le Bronx, Contre-Attaque ou Mr Cool. Certains ont également soutenu les propos de Jackie Chan et ont déclaré que le cinéma de Hong Kong est actuellement en dépression. En effet, en 2016, le top 20 du box-office de Hong-Kong ne comprenait que deux films chinois : The Mermaid et From Vegas to Macau respectivement 5e et 16e place. On est loin du temps où les productions locales occupaient le haut du panier. Jackie n’est d’ailleurs pas le seul à faire des films en Chine continentale. De Tsui Hark à John Woo en passant par Wong Kar-Wai et Stephen Chow, nombreux sont les cinéastes qui ont fait l’âge d’or du cinéma de Hong-Kong, à s’être tourné vers le marché chinois bien plus grand.

    Depuis 1997, certains Hongkongais vivent très mal la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine. Pourtant 20 ans après, le territoire jouit toujours d’un statut particulier. « Un pays, deux systèmes », la formule énoncée par Deng Xiaoping a connu moults changements notamment avec l’arrivé au pouvoir de Xi JinPing en 2012, mais cela reste d’actualité. Ainsi Hong-Kong jouit encore aujourd’hui de spécificités comme une justice indépendante, un pluripartisme garanti par la loi, des libertés fondamentales protégées comme le droit de manifester…

    Hong Kong, dont le poids dans l’économie chinoise s’est effondré en vingt ans (de 18% en 1997 à 3% en 2017), demeure également un acteur important dans le domaine financier avec un taux de chômage inférieur à 3%.

    Autre sujet de controverse chez certains médias anti-Pékin, le fait que Jackie Chan soit en faveur d’une loi protégeant « la dignité nationale ».  Cette loi intervient alors que le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, a qualifié de « dégénérés » les personnes qui se sentaient «psychologiquement japonais» suite à une série de cas où des Chinois ont posé dans des uniformes de guerre japonais de la seconde guerre mondiale. En effet, jeudi dernier, la police à arrêté un homme de 35 ans à Nankin pour avoir publié une vidéo insultant les victimes du massacre dans la ville par les japonais en 1937 (pour en savoir plus wikipedia). En outre, il y a eu au moins trois cas d’hommes chinois posant dans des uniformes militaires japonais de l’époque de la guerre sur des photos postées en ligne depuis août. La police a arrêté certains de ces hommes pour avoir troublé l’ordre public. La proposition de 38 membres des arts de la CCPPC suggère que le «plaidoyer pour le militarisme japonais et le fascisme » soit une infraction punissable en vertu du droit pénal.

    Drôle de controverse donc, puisqu’en France par exemple, il est puni de faire l’éloge du nazisme. Les soldats japonais de la seconde guerre mondiale sont en quelque sorte l’équivalent des nazis pour les chinois.

    Lutte contre la pauvreté

    Jackie Chan a également lancé un appel à tous les acteurs et artistes chinois pour aider le gouvernement à réduire la pauvreté après une discussion de la première session du Comité national de la CCPPC.

    « La charité n’est pas une chose facile », dit Jackie Chan, expliquant qu’il est difficile pour les individus d’aider les personnes dans le besoin sans l’approbation du gouvernement, ce qui nous permet de suivre les activités du gouvernement et d’assumer notre propre responsabilité. Jackie Chan a alors suggéré que les célébrités aident à réaliser des promotions gratuites pour les villes et villages dans le besoin. « J’ai fais gratuitement des publicités pour une production de thé local situé dans un lieu pauvre, qui a fini par avoir de grandes ventes cette année ».

    Le gouvernement chinois prévoit de sortir plus de 10 millions de personnes de la pauvreté en 2018, en promouvant l’industrie, l’éducation, la santé et l’écologie. Plus de 68 millions de personnes ont été sorties de la pauvreté au cours des cinq dernières années, ce qui a fait passer la proportion de la population vivant dans la pauvreté de 10,2 à 3,1%, selon le rapport. De 2013 à 2017, le gouvernement central a alloué 44,3 milliards de dollars en fonds spéciaux pour la réduction de la pauvreté.

    Avec ecns.cnGlobal Times et Hong-Kong Free Press

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Ce sujet a 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Tirry, il y a 9 mois et 1 semaine.

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Auteur
    Messages
  • #12310

    Tirry
    Admin bbPress

    Depuis 2013, Jackie Chan est un membre de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC) pour le département du cinéma qui se tient to
    [See the full post at: Jackie Chan au 13e Comité national de la CCPPC à Pékin]

    #12314

    dragonheart
    Participant

    Jackie oublie qu’il a sorti coup sur coup Skiptrace, Kung Fu Yoga et Bleeding Steel donc il devrait balayer devant sa porte et appliquer ses propres recommandations lorsqu’il dit que la clé, c’est la qualité.
    Actuellement, si ses films sortent encore en Occident (mais en DTV), c’est uniquement sur son aura.
    Ensuite, je pense que le cinéma local et le cinéma national à visée mondiale ne sont pas antinomiques. Les deux peuvent parfaitement coexister.
    Le cinéma de Hong-Kong doit survivre car il possède un savoir-faire important.
    J’aimerais que Jackie y retourne de temps en temps (New Police Story) plutôt que de s’égarer dans des blockbusters mal écrits.
    Dante Lam semble être arrivé à maturité artistique. Operation Red Sea se paye le luxe d’une note de 7,7 sur imdb. Voilà un bon gros film d’action bien fait et sans chichi dans lequel j’aurais aimé voir Jackie.
    En revanche, c’est la dégringolade pour Ding Sheng. Sa version de « A better tomorrow » ne semble pas avoir convaincu grand monde et c’est un échec au box office.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 9 mois et 1 semaine par  dragonheart.
    #12318

    Tirry
    Admin bbPress

    Je te trouve un peu dur. Je crois qu’il faut bien distinguer le cinéaste (et l’acteur) et le conseillé cinéma à la CCPPC. Crois-tu que ça serait normal si il disait que la clé était de faire de la mauvaise qualité ?

    Son discours n’a pas changé depuis son heure de gloire à Hong-Kong. Il s’est juste déplacé sur une plus grande échelle. Dans les années 90, il militait déjà au côté de Tsui Hark et Gordon Chan pour un cinéma de qualité pour concurrencer le cinéma américain. Il était vu comme nationaliste.

    De plus, il n’a jamais dit qu’il fallait arrêter de faire des films aux ambitions dites locales. Il dit seulement que les cinéastes devraient se ranger autour du cinéma chinois maintenant que Hong-Kong est revenu dans le giron de la Chine continentale et non distinguer deux cinémas comme la dissidence Hong-Konguaise le souhaite. Il parle bien de « film chinois de Hong-Kong » et non « film de Hong-Kong ». Comme je l’ai fait remarqué dans l’article. Le ciné HK ne marche même plus à Hong-Kong submergé par le cinéma américain. C’était le cauchemard des cinéastes de Tsui Hark à Wong Kar-Wai.
    Aujourd’hui, les cinéastes HK sont pris en étaux par leur contradiction dissidente. D’un côté, le gouvernement pro-démocrate (que les cinéastes HK soutiennent) limite les sorties des films du continent Chinois et de l’autre, le public HK privilégie le cinéma hollywoodien…

    Donc oui au production locale, mais il réclame également un cinéma populaire (comprendre universel) très fort (comme à l’époque à HK). D’où l’exemple d’Operation Red Sea. Dans qualité, il faut entendre « moyen technique » soit belle photo, décors, post prod…

    Jackie Chan s’est pertinemment ce que vaut les films dans lesquels il tourne. Je ne suis pas sûr qu’il soit fier de Kung-Fu Yoga et encore moins de Bleeding Steel.

    Le cinéma de Hong-Kong doit survivre car il possède un savoir-faire important.

    C’est ce qu’il dit puisqu’il cite Dante Lam venant de Hong-Kong qui peut jouir de plus de moyen en faisant un film pour le grand marché chinois. C’est tout ce qu’il veut dire.

    Operation Red Sea se paye le luxe d’une note de 7,7 sur imdb. Voilà un bon gros film d’action bien fait et sans chichi dans lequel j’aurais aimé voir Jackie.
    En revanche, c’est la dégringolade pour Ding Sheng. Sa version de « A better tomorrow » ne semble pas avoir convaincu grand monde et c’est un échec au box office.

    Tant mieux pour Operation Red Sea. Mais là encore, l’avis du public sur imdb (ou autre) ne me parle pas quand il s’agit de cinéaste singulier comme Ding Sheng.

    Dois je rappeler les scores honteux sur imdb du chef d’oeuvre de Michael Mann, Miami Vice ? ou encore celui de son dernier Hacker ? pourtant grand film quand on prend la peine d’analyser le travail du cinéaste.

    C’est la même chose pour le remake du Syndicat du Crime, signé Ding Sheng. Cinématographiquement, il dépoussière littéralement le rendu old school du film de John Woo (qui a bien vieilli, faut le reconnaître). Ensuite, le fait de transposer l’action en Chine, cela offre une toute nouvelle perspective de la nouvelle Chine. Remake très intelligent sur le fond. Je me contre fou de l’avis des fanboys nostalgique ou des fans de Wolf Warrior 2: Succès colossale, mais quel film bidon ! J’ai vomi trois fois devant le film.

    P.s: Skiptrace a été tourné en partie à Hong-Kong ^^

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